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  • Remettre en jeu le passé à la Comédie-Française

    2015/12/18 by Adrien Di Mascio

    Mercredi 16 décembre dernier se tenait à l'Institut National d'Histoire de l'Art la troisième journée du colloque Remettre en jeu le passé - Métamorphoses du corpus des Registres de la Comédie-Française auquel nous avons eu le plaisir de participer.

    Cette dernière journée a débuté par une présentation d'Agathe Sanjuan et de Sara Harvey sur l'historique du projet des registres de la Comédie-Française et son positionnement dans le cadre des humanités numériques.

    http://cfregisters.org/img/cfrp-logo-top-nav.png

    Collection ou fonds d'archive ?

    Tout d'abord, Agathe et Sara ont présenté les problématiques des Humanités Numériques comme étant proches de celles des métiers de la documentation aujourd'hui, idée que nous pouvons étayer par notre propre expérience, qui consiste à mettre au service de communautés comme celle de chercheurs des données qui sont issues des catalogues de la Bibliothèque nationale de France.

    Si les problématiques sont donc les mêmes, à savoir notamment la volonté d'être un support ouvert pour une vaste communauté de chercheurs, Agathe Sanjuan et Sara Harvey ont cependant souligné le fait que la collection des Registres de la Comédie-Française n'a de collection que le nom. Il s'agit en réalité d'un fonds d'archive, produit dans le cadre de l'activité de l'institution qui les a vus naître, et non de données spécifiquement produites dans un but de description documentaire avec pour cible une communauté de lecteurs ou chercheurs.

    Le document d'archive au crible du traitement massif de données

    Les nouvelles perspectives introduites par le traitement massif de données changent notre manière d'approcher l'objet archivistique. Il ne s'agit plus uniquement de traiter qualitativement un corpus de documents qui, par leur mise en résonance, permettent de produire de nouvelles connaissances, mais également d'entrer plus finement encore à l'intérieur du document au niveau de l'unité que représente l'information elle-même. Il devient alors possible d'agréger cette unité informationnelle à une masse considérable d'informations prélevées dans le même contexte documentaire.

    Une médiation toujours nécessaire

    L'échelle de l'observation ou du traitement change à la fois du fait de la fragmentation du matériel brut et de la masse considérable de ce matériel une fois agrégé. Pour autant, la nature même de ce matériel, à savoir sa nature documentaire et archivistique, ne semble guère évoluer du point de vue des problématiques qu'il pose. Si l'archive nécessitait l'apport d'un professionnel érudit et fin connaisseur de son contexte de production pour être comprise, la donnée issue de ces corpus d'archives ne se laisse pas aborder de manière plus évidente et immédiate. Il est a minima nécessaire d'indiquer sa provenance et le sens qui a présidé à sa production.

    L'interopérabilité comme source d'enrichissement

    http://www.w3.org/wiki/images/e/e1/SweoIG$$TaskForces$$Logos$$SemWebTechLogoIdeas$rdf.png

    Le traitement documentaire au niveau de la donnée et non plus de l'unité documentaire présente l'immense avantage de pouvoir ouvrir le corpus sur lequel travaille le sujet et de le mettre en perspective avec des corpus similaires, du fait de l'interopérabilité de ses données.

    La mise en correspondance massive de ces données semble par ailleurs montrer que les connaissances produites dans ce contexte s'attacheraient moins à l'individualité de l'information qu'à l'observation des tendances plus générales.

    Le hackathon !

    Au cours de cette journée, la pratique a ensuite succédé à la théorie avec la présentation par Jamie Folsom et Christopher York (MIT) de leur travail visible sur http://cfregisters.org/en/the-data, et les différents moyens actuels d'accéder et de manipuler les données, essentiellement :

    Les deux premiers outils de cette liste sont d'une grande efficacité mais le manque d'ergonomie et de médiation en font des outils complexes pour le public non expérimenté, même lorsqu'il connaît le fonds sous-jacent. L'accès CSV est simple et permet de charger les données dans des tableurs classiques mais on ne peut alors plus naviguer et fureter dans les données comme on le ferait dans une interface web. Enfin, l'accès au JSON est quant à  lui plus réservé aux développeurs.

    D'une manière générale, le projet global de visualisation des données des Registres de la Comédie-Française nous a paru être marqué par une double volonté :

    • visualiser pour produire des connaissances, notamment à l'appui des recherches variées et spécifiques des chercheurs qui s'intéressent au corpus, ce que caractérise l'outil déjà existant du tableau croisé dynamique ;
    • faire découvrir le corpus en proposant une navigation au sein même des données, comme en témoigne le navigateur à facettes.

    Ainsi, le hackathon qui s'est déroulé de 11h30 à 17h30 avait-il en quelque sorte ce double objectif de proposer un outil polyvalent et simple d'utilisation au chercheur mais aussi de lui faire découvrir de manière ludique le corpus. L'équipe du hackathon a travaillé tout particulièrement sur :

    • l'interopérabilité, à savoir la standardisation du modèle de données, des formats d'échange, l'ajout d'alignements sur les autorités de la BnF, les alignements vers d'autres jeux de données comme celui de la Naissance de la Critique Dramatique , http://data.libretheatre.fr, etc.
    • la visualisation, avec notamment l'intégration des données des Registres dans l'outil et la base de données Dezede, une analyse réalisée par Frédéric Glorieux sur la popularité et les recettes rapportées par les représentations d'auteurs dramatiques comme Voltaire, Molière, Corneille ou Racine.

    Notre travail personnel est visible en ligne avec les précautions d'usage habituelles qui sont rappelées sur la page d'accueil.

    La question se pose désormais de savoir comment envisager la suite de cet atelier caractérisé d'une part par des besoins simples correspondant au besoin de visualiser l'information par saison, par auteur, par pièce… et d'autre part, par des besoins plus long-termistes, à savoir un effort ergonomique et de médiation autour de l'existant déjà très avancé afin de transformer des utilisateurs novices en utilisateurs experts : la visualisation, pour être lisible, doit en effet s'accompagner d'un design et d'une introduction textuelle qui permette de faire l'interface entre complexité des données et novicité des utilisateurs découvrant pour la première fois le projet.

    Cette journée, admirablement organisée par Agathe Sanjuan et Sara Harvey, a été l'occasion de rencontres et discussions passionnantes avec les autres participants au hackathon et Damien Chardonnet.

    Raphaëlle Lapôtre (BnF) - Adrien Di Mascio


  • BestOfWeb 2015

    2015/06/11 by Adrien Di Mascio

    Nous étions à la journée BestOfWeb 2015 vendredi. Au programme, quelques unes des présentations jugées les plus intéressantes qui avaient été faites lors de différents meetups orientés "web" ces derniers mois.

    http://photos4.meetupstatic.com/photos/event/3/8/3/2/global_434894386.jpeg

    Même si j'aurais pu me passer des nombreuses interventions des sponsors et si toutes les présentations n'ont pas retenu mon attention, j'ai dans l'ensemble bien apprécié la journée. Voilà en particulier ce que je retiens :

    • angular n'a plus beaucoup de défenseurs, ou alors ils crient moins fort que les autres. De notre côté, après l'avoir utilisé pour construire quelques applications, la mauvaise documentation, la difficulté à conserver l'application maintenable et le fait qu'angular 2 — qui aura certainement plein de qualités — ne laisse pas de perspective de migration simple du code nous ont amenés à préférer des bibliothèques plus simples comme Backbone ;

    • Microsoft continue à contribuer du code libre et poursuit sa reconquête des développeurs perdus ;

    • j'aurais bien aimé voir Hydra mentionné dans la présentation REST,

    • j'étais resté sur l'utilisation de Accept-Ranges et Range dans le cadre de contenus binaires et je découvre (!) que ça semble être une pratique courante de les utiliser pour la pagination dans les API REST. À utiliser dans CubicWeb ?

    • CSS Grid Layout n'a pas l'air parti pour être utilisable avant un petit moment ;

    • l'an dernier, dans le cadre d'une collaboration avec l'itemm, nous avions fait de l'acquisition audio dans le navigateur. Nous testions la justesse d'instruments à vents et affichions les instruments en 3D dans le navigateur. Je me souviens qu'il fallait utiliser les nightly builds de chrome pour que ça fonctionne. Mais la présentation de l'ircam a montré que l'api Web Audio décollait vraiment. Ils ont fait des démonstrations de mixage en direct et on est passé à deux doigts de faire faire du sound painting à l'assemblée à coups de téléphones portables et websockets. Leur dépôt GitHub vaut le détour ;

      /file/293356/raw
    • RxJS et ses cousins BaconJS et KefirJS permettent d'écrire des traitements de flux d'information assez simplement à partir d'événements, de promesses et de plein d'autres choses.

    Et CubicWeb dans tout ça ? Et bien tout ça m'a donné envie de continuer activement le travail entamé sur le javascript utilisé dans CubicWeb. J'aimerais notamment qu'on puisse écrire de l'ES 6, qu'en mode debug, les fichiers soient transpilés à coups de babel (-- watch) et qu'on transpile également à la construction des paquets. On pourrait par la même occasion définir la liste des fonctionnalités "futures" qu'on s'autorise à utiliser dans le cœur de CubicWeb et pour lesquelles CubicWeb fournirait des polyfills si besoin (promesses, fetch, fileAPI, etc.).

    Pour conclure, félicitations aux organisateurs pour avoir su trouver une autre salle à la dernière minute et pour la qualité de la journée dans son ensemble. Sans doute à l'an prochain et pour certains d'entre eux à bientôt à WebGL Paris


  • Retour sur paris-web 2010

    2010/10/18 by Adrien Di Mascio
    http://www.paris-web.fr/telechargements/logotype-paris-web.png

    La semaine passée avait lieu Paris-Web 2010. C'était la 5ème édition de cet événement mais je n'avais pas eu l'occasion d'y assister les années précédentes.

    Tout d'abord, félicitations aux organisateurs pour l'organisation, notamment pour les sessions du grand amphithéâtre avec la traduction simultanée pour les conférences en anglais (j'avoue ne pas avoir testé le casque audio), les interprètes en langue des signes ainsi que la vélotypie. Un petit bémol toutefois : il n'y avait pas assez de prises de courant pour que les personnes présentes puissent recharger leur ordinateur !

    Quant aux conférences elles-mêmes, pas mal de choses orientées utilisabilité, design, accessibilité et HTML5. Bien que je n'aie pas eu le sentiment d'apprendre beaucoup de choses techniquement, en particulier sur HTML5 où le contenu des présentations se recoupait trop et n'apportait de mon point de vue pas grand chose de nouveau, les orateurs ont su animer et rendre vivante leur présentation. Je retiendrai en particulier trois présentations :

    • Let’s interface - how to make people as excited about tech as we are de Christian Heilmann que je résumerai (très) rapidement en disant : réutiliser les outils et les données qui sont disponibles, ne pas repartir de zéro et rajouter une petite couche qui offre une réelle valeur ajoutée, ce n'est pas forcément très compliqué. Parmi les exemples cités : http://isithackday.com/hacks/geo/addmap.html
    • Innover de 9 à 5 par Olivier Thereaux : ou comment créer des espaces d'échange pour faire émerger de nouvelles idées puis les transformer en projets. Au final, aucune solution concrète ou miracle évidemment, et il me semble que c'était un des buts ("pas de recette de cuisine"), mais je retiens que d'après son expérience, il faut des gens avec l'esprit hacker, entendre bidouilleur. Ensuite, toutes les idées qui émergent ne sont pas bonnes, toutes les bonnes idées n'aboutissent pas et si celui qui a l'idée n'est pas directement celui qui s'occupe de la concrétiser, il y a peu de chances que ça fonctionne. Enfin, il faut ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre et tempérer ses envies en fonction du temps (ou moyens) que l'on pourra y accorder et y aller petit pas par petit pas.
    • HTML5 et ses amis par Paul Rouget : une très belle présentation avec des démonstrations HTML5 (version Firefox4) très bien choisies : utilisation des websockets pour diffuser les slides sur ordinateurs clients, utilisation de FileReader pour la prévisualisation d'images côté client et une belle démonstration des capacités WebGL !

    Je n'ai entendu que des retours positifs sur la macrographie de la page Web à laquelle je n'ai malheureusement pas assisté personnellement mais d'autres logilabiens y étaient. J'ai également noté l'absence du web sémantique, ou alors je n'étais pas dans le bon amphi. En tout cas, tout ça m'a remotivé pour jouer avec HTML5 dans cubicweb. J'ai d'ailleurs commencé à faire une démo websocket dans cubicweb, affaire à suvire...